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L'Avenir : histoire d'une coopérative granitière / 

Les débuts de l'Avenir et la mondialisation de l'économie française / 

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Le monument des Pilgrim Fathers

Devant le monument des Pilgrim Fathers, la foule participe aux animations proposées par la coopérative, ici, une course de vélo.

 Photographie

Cliché Amédée Fleury

1929

ADIV 165 J

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Le monument fut élevé à la gloire des 102 colons puritains anglais qui persécutés par le roi catholique Jacques Ier quittèrent l’Angleterre sur le Mayflower en septembre 1620. Ils débarquèrent deux mois plus tard sur les côtes du Nouveau Monde et fondèrent Plymouth (aujourd’hui dans l’Etat du Massachusetts). Ces « précurseurs du Protestantisme » sont considérés comme les fondateurs ou « Ancêtres » (Forefathers) des Etats-Unis d’Amérique.

          C’est le riche ingénieur américain Charles Harrub, désireux de rendre hommage à son épouse qui vénérait les Pères Pèlerins qui donna les 100 000 dollars nécessaires à sa construction. L’artiste qui conçut le projet est le sculpteur américain Mac Neil. Mais c’est la maison Musetti Frères à Paris qui le sculpta et L’Avenir qui fournit les blocs. Le marché entre les frères Musetti et la coopérative pour la fourniture « d’un granit de Louvigné de belle nuance » fut conclu en août 1928 pour un montant de « 160 000 francs sur wagon départ ». Les frères Musetti transmirent des modèles en plâtre du monument réalisés d’après les dessins, avec profils grandeur de l’exécution, de Mac Neil. Les blocs de granit – dont une trentaine de plusieurs tonnes - furent extraits de carrières de Pierrelée avant l’hiver 1928-1929. Ce monument pèse plus de 120 tonnes ; il mesure 7, 50 m. de hauteur. Sur sa face avant figurent plusieurs personnages dont des Indiens avec, en arrière-plan, les voiles du Mayflower. Latéralement, des textes ont été gravés. L’ensemble repose sur un socle de granit. Il a fallu dix mois de travail et l’intervention de plus de quarante ouvriers pour réaliser le monument. L’emmarchement fut terminé à la fin du mois de mai 1929 et le monument, fin juin. Les planches de la baraque servirent plus tard à emballer les blocs pour leur expédition en Amérique.

         Si ce sont bien les ouvriers de la coopérative qui réalisèrent les premières ébauches dans le granit, ce sont les frères  Musetti qui vinrent sculpter les blocs avec figures. En janvier 1929, Jean Patin s’inquiétait des conditions de travail particulières tenant aux dimensions de cette œuvre « l’un de nos ouvriers nous a informé que l’on était obligé de transporter en plein air la grande statue d’homme (haute de 3,20 m) pour pouvoir la travailler… Est-il possible, pour mettre à l’abri du froid et du vent les ouvriers, de leur construire une baraque dans votre chantier ? » ou encore « Monsieur Gino ne dressera pas la statue pour faire la tête, il doit l’exécuter de couché et ensuite il pourra travailler sur la statue debout ».

             Le dimanche 25 août 1929, une fête fut organisée par L’Avenir. Le maire de la commune, le comte de la Riboisière accepta l’invitation, et le monument fut offert au regard des curieux : « on évalue à 20 000 personnes, le nombre total de cette foule, venue des 4 coins de la Bretagne ». Le « monument fourni à l’Amérique », exposé jusqu’au 16 septembre 1929, fut précautionneusement démonté et emballé dans 71 caisses en bois chargés sur 12 wagons à destination du Havre. C’est la société Atlantic Transports, de Paris, qui se chargea de l’expédition des caisses, en direction des Etats-Unis d’Amérique ; le monument quitta le Havre le 15 octobre 1929, à bord du vapeur Oregon. Inauguré le 11 octobre 1930, il est aujourd’hui visible dans le Chase Park, à Waterbury (Etat du Connecticut). En 1959, il fut déplacé de quelques centaines de mètres par rapport à son emplacement d’origine à cause d’un projet routier.

              Les coopérateurs en ressentirent une grande fierté. Quelques mois plus tard, on pouvait lire ces mots dans le registre des délibérations de L’Avenir à la date du 23 février 1930 : « voir des foules venir rendre visite à notre chantier, y admirer les travaux exécutés et surtout démontrer à tous ce que des ouvriers conscients, disciplinés et animés d’un esprit coopérateur étaient capables de faire ».

Le monument dédié aux Pilgrims Fathers

 

 

 

 

Objectif pédagogique 

- Décrire un processus de production.

- Montrer à travers les pérégrinations des Pilgrim Fathers  la mondialisation de l’économie française, dès les années 1920.

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