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Le Misanthrope: un texte de Molière mis en scène par H.Gignoux, au cours de la saison 1953-1954 / 

Le dossier dramaturgique

Le dossier dramaturgique de la pièce (fonds DAPIV 64 J 102)

Nous disposons d'un document intéressant : il s'agit de l'édition Larousse de la pièce "Le Misanthrope ou l’Atrabilaire amoureux" ayant appartenu à Guy Parigot. L'intérêt ne réside pas tant dans le nom de l'ancien propriétaire de l'ouvrage que dans son contenu. En effet, de manière presque systématique, se trouve insérée, en face de chaque page de texte, une feuille de papier sur laquelle figurent des schémas correspondant à des indications scénographiques.

Cet ouvrage est de format poche, sa couverture est mauve; il s'agit d'une édition scolaire, avec des notes de bas de page qui explicitent certaines termes, certaines expressions. Il est intéressant de voir que des acteurs – habitués aux textes classiques – ne dédaignent pas travailler avec ce type d'ouvrage qui procurent les informations essentielles pour accéder au sens du texte.

Nous avons fait le choix de vous proposer ces indications sur la scène 1 de l'acte 1, scène d'exposition on ne peut plus célèbre dans le théâtre classique par sa longueur (c'est un véritable morceau de bravoure pour les acteurs) et son contenu.

Rappels sur le contenu de la scène

Dans cette première scène du premier acte de la pièce, Molière montre à ses spectateurs un dialogue entre deux amis : Philinte et Alceste (le personnage principal), au sujet des comportements à la cour. Philinte et Alceste s’opposent quant à la vison qu’ils ont du comportement à adopter à la cour. Cette scène d’exposition permet alors aux spectateurs de dresser le portrait de deux hommes très différents et d’esquisser deux philosophies de vie contraires. Mais alors que Boileau dans son Art Poétique recommande aux auteurs de faire une exposition claire et rapide et dit se lasser des introductions qui n’en finissent pas ou ne sont pas assez claires(1) , Molière déroge ici à ces principes car cette scène d'exposition occupe 250 vers, les tirades y sont parfois très longues et la discussion sérieuse à laquelle le spectateur est soumis dès le début peut rendre l'attention difficile à soutenir. On a donc une scène d'exposition originale qui peut constituer un écueil pour un metteur en scène et les acteurs. Il convient de bien y réfléchir.

Scène 1 Acte 1

Sur ces images, vous repérerez bien que les chiffres 1, 2, 3 etc.... qui figurent sur les croquis sont à mettre en parallèle de ceux qui sont insérés, de manière manuscrite, dans le texte.

Q 1 – Repérez les divers mouvements qui sont prévus pour chaque personnage ? Sont-ils nombreux ? Fréquents ? Quel est le personnage qui bouge le plus ? Est-ce normal ?

Q 2- Repérez les éventuels accessoires : quelles sont les indications de jeu ? Sont-elles nombreuses ? Quel sens donnent-elles au texte ? De quoi l'accessoire devient-il, éventuellement, significatif ?

Q 3- Quelles indications de jeu pouvez-vous repérer ? Quelles sont celles qui permettront de « donner corps » aux personnages, de camper leur caractère (colérique, calme etc...) ?

Q 4 – Ces indications sont-elles toujours bien en rapport avec le texte ?

Q 5 – L'espace scénique est-il bien utilisé ?

Q 6 – Dans quelle mesure ces éléments montrent bien que le jeu de l'acteur donne tout son sens au texte ?

Q 7- Pourquoi est-il légitime de dire que le texte devient une sorte de partition pour les acteurs ?

Q 8 – Quels choix ont été faits par l'équipe pour donner vie aux acteurs ? À quel type d'Alceste avons-nous affaire ? À quel type de Philinte ? Ces caractères sont-ils en accord avec ceux que vous vous étiez imaginés à la lecture du texte ?

 

 

[1]             « Que dès les premiers vers l’action préparée

                Sans peine du sujet aplanisse l’entrée.

                Je me ris d’un acteur qui, lent à s’exprimer,

                De ce qu’il veut d’abord ne sait pas m’informer,

                Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue,

                D’un divertissement me fait une fatigue.

                J’aimerais mieux encor qu’il déclinât son nom

                Et dît : « Je suis Oreste, ou bien Agamemnon »,

                Que d’aller, par un tas de confuses merveilles,

                Sans rien dire à l’esprit, étourdir les oreilles :

                Le sujet n’est jamais assez tôt expliqué. »                    Art Poétique vers 27-37

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