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Tartuffe au Centre Dramatique de l'Ouest- saison 1958-1959: la communication (fiche 4) / 

La communication

1) le spectacle : annoncer le spectacle : affiches, affichettes et programme

 Document 1 : affiche du spectacle, saison 1958-1959 ; DAPIV, 64 J 253, fonds DAPIV ; sur l'affiche, on peut lire une citation de Louis Jouvet.

Lien: Affiche 1958-1959

 Document 2 : visuel utilisé par le Théâtre National de Bretagne (TNB) dans son livret de présentation de la saison 2011-2012. Il s'agit d'une fresque réalisée sur un mur qui a été choisie par l'équipe artistique du TNB pour communiquer autour du Tartuffe d'Eric Lacascade et illustrer la présentation de son spectacle

Lien: Visuel 2011-2012

  Q 1 : commentez l'affiche du spectacle de Guy Parigot. Commentez le graphisme, les couleurs. Quelles sont les informations qui nous sont communiquées ? La rapprocher d'affiches plus contemporaines et, notamment, de l'image retenue pour illustrer la mise en scène qu'Eric Lacascade présentera en janvier 2012 au TNB.

 * Le programme : (DAPIV ; 64 J 244, dimensions : 18,4 x 12,3 cm)

 Description du programme papier : 

La page de couverture est très sobre, sa couleur est le bleu et le logo de la CDO est imprimé en noir.

 Dès la première page du programme, Guy Parigot se met sous le patronage d'un metteur en scène illustre puisqu'il cite un extrait de Témoignages sur le théâtre de Louis Jouvet:

                Tartuffe ou l'imposteur

Plus que le lecteur, plus que le spectateur qui l'écoute et le contemple, le comédien est de tous les commentateurs, de tous les interprétateurs, le plus injuste tourmenteur et le plus obligé des bourreaux. Ce pouvoir de dépossession et de repossession sur le personnage est son excellence et sa misère. Derrière Tartuffe, par lui et avec lui parlent et se plaignent tous les personnages, tous les héros du répertoire. Arnolphe, Alceste, Don Juan, Tartuffe, ces plaintes, ces gémissements que vous poussez et que nous, n'entendons pas, ces appels, ces clameurs, ces avertissements qui se confondent dans le brouhaha de nos pensées, de nos modes, dans les tendances, les incessantes variations de nos sensibilités, dans cette réverbération et cette frivolité où nous sommes, nous ne parvenons guère à les distinguer et à les retenir, nous ne savons ni les entendre, ni les répéter. Chacun d'entre nous juge et fausse votre vie, chacun de nous égoïstement, cruellement, éprouve, ressent, dévie, accélère ou ralentit à son gré les effluves de vos êtres, leurs énigmes bienfaisantes, leurs heureuses allégories. Décolorées, ternies, dépouillées de leur chaleur et de leurs vertus, elles ne sont plus que les piètres prétextes de nos disputes et de nos désaccords. Ombres et fantômes, symboles offerts à notre édification et à nos plaisirs, nos découvrons aujourd'hui le but de votre mission : affamer nos esprits et nos cœurs. Prêts à témoigner pour vous, avides de vous entendre, attentifs et soumis à vos propos, nous voici pleins de ferveur, de tendresse et de sollicitude. Dans ce moment préalable à votre approche, dans l'émoi de cette effusion unique par la lecture, l'audition ou le jeu, aux abords de l'inexplicable et de l'informulable où vous vous tenez, notre impersonnalité, notre modestie importent seules.

Louis Jouvet in Témoignages sur le Théâtre

 

             Q 2 : dans ce texte, quelles sont les expressions qui peuvent permettre de cerner les intentions du metteur en scène ?

 Aux pages 2 et 3, on trouve un extrait d'un texte de Bernanos, les Enfants humiliés, qui traite de l'hypocrisie : « pour mériter le nom d'imposteur, il faudrait qu'on fut totalement responsable de son mensonge (…) je crois que le mensonge est un parasite, le menteur un parasité, qui se gratte où cela le démange ». Plus loin, Bernanos constate que peu d'hommes, honteux de leurs faiblesses et de leurs vices n'aient pas été tentés « de se glisser hors d'eux-mêmes » c'est-à-dire de mettre un masque d'imposteur. Tout le monde ment et personne n'est jamais vraiment celui qu'il prétend être. « il <l'imposteur> défend son imposture comme sa vie, car elle est en effet sa vie », idée de tragique dans l'imposture

             Q 3 : qu'apporte de plus l'extrait de Bernanos ?

Entre les pages 2 et 3, insertion d'un portrait de Molière, peint par Nicolas Mignard (Avignon) 1657-1658 et au verso une gravure illustrant une interprétation romantique de Tartuffe.

Aux pages 4 et 5 on trouve la liste des personnages (nom des acteurs par ordre d'apparition), la mention de J. Sorgniard, concepteur du décor et des costumes et la mention des responsables de leur réalisation.

Aux pages 6 et 7 se trouve « Molière en son temps » de J. Granval, sorte d'extrait de journal qui évoque la querelle (10 février 1669) : il y a la volonté de rappeler l'historique de la pièce et sa réception mouvementée; on y lit aussi un parallèle avec Dom Juan pour qui « l'hypocrisie est un vice à la mode ».

Insertion d'une page glacée recto-verso sur laquelle figure les clichés des comédiens en civil.

Page 8 on trouve des indications administratives, notamment sur la troupe permanente et un rappel des spectacles de la saison (au nombre de 5).

             Q 4 : rapprochez vos réponses de la note d'intention de Eric Lacascade qui figure ci-dessous et faites toutes les remarques nécessaires.

 

Note d'intention :

 Les grands textes du répertoire nous permettent d'approfondir la recherche sur l'acteur et le groupe. Comme Tchekhov et Gorki, Molière est une formidable matière de travail.

Dans Tartuffe, la rigueur des alexandrins, ainsi que les situations à jouer, construisent un faisceau de contraintes à travers lesquelles l'acteur et le metteur en scène doivent travailler à trouver leur liberté. L'étude de Tartuffe s'inscrit donc dans la droite ligne du travail que nous menons depuis de nombreuses années avec les acteurs piliers de la compagnie. Derrière la farce et la bouffonnerie du texte, il y a dans Tartuffe l'expression de passions humaines puissantes : jalousie, désir, haine, amour du pouvoir sont à l'oeuvre au sein d'une même famille. La famille est un champ de bataille, un champ de guerre, où stratégie, ruse, attaques soudaines et coup d'éclats se succèdent. C'est dans ce paysage qu'apparaît Tartuffe, manipulant qui veut bien être manipulé, lui-même manipulé par ceux qu'il croit avoir en son pouvoir. Sa présence comble les vides, exprime les non-dits et révèle les antagonismes. Tartuffe n'existe pas sans cette famille, et cette famille a besoin de lui pour résoudre sa propre entropie. En une seule journée, la dernière de Tartuffe, des tensions exacerbées explosent au visage du spectateur. Derrière la farce et la bouffonnerie, donc, quelque chose de plus humainement banal, de plus quotidien, de plus réel, pointe son nez. Le passage de cet homme sans nom laisse chacun désemparé face à une vie nouvelle, dans laquelle nous pressentons qu'aucun masque, aucun travestissement ne sera plus possible. L'intérêt des grandes pièces de théâtre, connues de tous, c'est que l'on ne passe pas l'essentiel de son temps à se demander ce qui va se passer. On le sait, et on peut s'attacher à étudier comment cela arrive, comment cela se passe.

Éric Lacascade

 Document 3 : photographie de Eric lacascade

  Q 5 : Voici une photo d'Eric Lacascade qui, dans certains documents qui accompagnent les informations sur sa mise en scène, illustre à lui tout seul Tartuffe. Quelle différence faites-vous avec la manière de communiquer de Guy Parigot ?

  2) la réception : articles de presse : le spectacle est parti en tournée et reçut de nombreuses critiques élogieuses.

 Documents 4 à 8 : articles numérisés ; DAPIV, cote 64 J 271-272

les critiques

 Q 6 : Lisez et commentez ces critiques. Repérez sur une carte les différentes villes dans lesquelles le spectacle a tourné. Retrouvez les éléments traditionnels d'un article de journal (règle des 5W)

Q7 : Que dit-on de Molière ? De son époque ?

Q 8 : Quels aspects de la mise en scène sont évoqués ? Comment sont-elles rédigées ? Quelle est l'opinion de l'auteur sur le spectacle ? Comment transparaît-il dans l'écriture ?

Q 9 : Ces critiques ressemblent-elles, dans leur contenu et leur rédaction, aux critiques contemporaines ?

Q 10 : Imaginez la lettre qu'un spectateur a pu rédiger après l'une de ces représentations.

 

 

Voir également les dossiers Tartuffe

 

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