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Tartuffe au Centre Dramatique de l'Ouest- saison 1958-1959: le spectacle (fiche 3) / 

Les fonds CDO (64 J) et Guy Parigot (150 J)

Fonds théâtre (Guy Parigot) des Archives départementales d'Ille et Vilaine

 Fiche méthode pour reconstruire une histoire du théâtre

 Qu'est-ce que le fonds théâtre des Archives (en cours de constitution) ?

             Le fonds Guy Parigot rassemble les archives de cet homme de théâtre et couvre les années 1945 à 1990, soit 45 années d'activité théâtrale. Il représente donc une source essentielle de documents sur la vie artistique dans le bassin rennais et a été constitué par plusieurs dons.

            Le premier don de Guy Parigot correspond à une époque où l'écrit est important et comporte des documents très divers (correspondance, retours sur les spectacles, édition – affiches, programmes, périodiques). Le second don est constitué des archives du Théâtre de la Parcheminerie (correspondance, les jeunes comédiens de Rennes, la construction de la maison de la culture). Quant au troisième don il couvre les années 1949 à 1990 et est constitué principalement d'archives photographiques qui sont en cours de numérisation et qui seront accessibles, pour la plupart, en consultation sur le site du Théâtre National de Bretagne (TNB).

            → Des dons initiés par Guy Parigot puis par Laurent Parigot et qui se poursuivent pour constituer une mémoire du théâtre

            → Des fonds qui permettent d'aller de la création à la réception d'un spectacle

 Qui est Guy Parigot ? (1922-2007)

             Journaliste et homme de radio, il fut aussi acteur de théâtre et au cinéma, metteur en scène et professeur au conservatoire de Rennes. Il présida à la création du FRAC, fut membre de la DRAC. C'est donc un homme curieux, immergé dans la culture de son époque et qui a « plusieurs cordes à son arc ».

            Il fonde en 1940 la compagnie des jeunes comédiens (troupe de comédiens amateurs)[1] qui devient la CDO (Centre Dramatique de l'Ouest[2]) le 3 novembre 1949 et dont il est le co-administrateur avec Henri Gignoux et où il est aussi acteur professionnel. Il assure la co-direction de la Compagnie de l'Ouest avec Georges Goubert de juin 1957 à juin 1975[3]. De 1968 à 1975 il assure également la co-direction de la maison de la culture, puis fonde, en 1979, le théâtre de la Parcheminerie. En 1986, il quitte la direction théâtrale pour se consacrer au métier d'acteur. Il a joué plus d'une centaine de rôles au théâtre (Le Roi Lear, Harpagon, Béranger etc..) mais aussi pour le cinéma et la télévision. Il est également l'auteur d'une quarantaine de mises en scène.

            Administrateur, directeur de troupe mais aussi acteur, on voit que le théâtre est partie intégrante de la vie de cet homme. Par ailleurs, Guy Parigot s'est formé sur le terrain et avait pour objectif de rendre le théâtre populaire. Il prône d'ailleurs la décentralisation du théâtre, « démocratisation qui a pour but de donner à tous un théâtre de qualité ».[4]

                        C'est donc un homme éclectique, curieux, un « inventeur »

 Les fonds accessibles aux Archives

            On peut distinguer le fonds du CDO (Centre Dramatique de l'Ouest) et le fonds Guy Parigot. Leurs cotes respectives sont, pour le premier 64 J 1-476 (1991), 64 J 477-483 (supplément), 64 J 252-270 (inventaire de la collection d'affiches). Quant au second, complémentaire du fonds CDO, il se trouve coté 150 J 1- 245 (complété par 150 J 400-1939)

             64 J et 150 J : la différence

Le fonds 64 J constitue le fonds de la Comédie de l'Ouest[5] et émane des bureaux du Théâtre National de Bretagne.

Le fonds 150 J, s’il recoupe le premier, regroupe des archives plus personnelles[6] « mettant à jour l'engagement de Guy Parigot dans la vie sociale, syndicale et culturelle de la région mais aussi ses activités au sein de la CDO et de la Maison de la Culture »[7].

Le répertoire théâtral couvre les saisons de 1949 à 1985. Pour chaque pièce jouée, il existe des archives documentaires soit des documents papiers (programmes, dossiers dramaturgiques, coupures de presse ...), des documents iconographiques (affiches, affichettes, diapositives, photographies, programmes, photos…) et des documents audiovisuels (enregistrement des spectacles). Les documents papiers et iconographiques se trouvent en 64 J et en 150 J, les documents audiovisuels seulement en 150 J. Il existe un répertoire des documents iconographiques (pour 150 J) et des documents audiovisuels. De plus, on peut utiliser un index alphabétique des pièces et spectacles par type de supports (pour 150 J seulement, donc à l'exclusion des documents papiers et iconographiques du 64 J).

            Leur consultation est libre. La reproduction et l'exposition des documents sont, bien sûr, soumises à l'autorisation de M. Laurent Parigot.

 Les archives sont classées précisément par type de ressources :

  • données administratives (liste de personnels, comptabilité, budgets etc.)
  • correspondances   
    •  a) administrative – avec les organismes de tutelle, les autorités locales, les bibliothèques, les éditeurs...
    • b) avec la presse
    • c) avec les auteurs, les décorateurs
  • les tournées
  • les saisons
  • les spectacles (documentation, iconographie, coupures de presse, dramaturgie)
  • documentation et correspondance concernant le théâtre en France

 L'organisation du répertoire suit toujours le même ordre et les entrées sont les suivantes :

  •             Administration générale (correspondance, comptabilité, personnel, tournées)
  •             Spectacles (œuvres, documentation et iconographie, coupures de presse, dramaturgie)
  •             Documentation et correspondance concernant le théâtre en France

Le classement du fonds suit l'histoire du théâtre, en reprenant les époques :

  • Centre dramatique de l'Ouest (1949-1957); Comédie de l'Ouest (1957-1975); CDNO (1975-1985) pour le 64J
  • CDO, Maison de la Culture; Théâtre du Bout du Monde et Comédie de Rennes; Comédie de l'Ouest puis Le Grand Huit; Théâtre de la Parcheminerie; TNB pour le 150 J

 Dans le fonds 150 J, on trouve en plus :

→ des dossiers relatifs aux actions et réflexions des associations et syndicats culturels notamment pendant les événements de mai 1968 et dans leur prolongement.

→ des dossiers relatifs aux spectacles, festivals ou stages : une partie d’entre eux liée à l’esthétisme et particulièrement à la mise en scène à travers des manuscrits annotés ou des programmes de répétitions

→ des dossiers relatifs aux activités de Guy Parigot en dehors de celles du Centre : les comptes rendus, rapports, notes, correspondance, statuts, manuscrits, articles de presse.

→ de la documentation : des documents ministériels, des revues d’associations et syndicats culturels.

             Il s'agit donc d'un fonds dense et complexe qui constitue une banque de données conséquente sur le théâtre en Bretagne. Au vu de ce contenu foisonnant, se pose une question : comment exploiter ces ressources ?

 Quels chemins emprunter pour découvrir et exploiter ce fonds ?

             Il faut bien voir qu'il permet de reconstruire une histoire du théâtre :      

  • l'histoire du spectacle (l'histoire d'une mise en scène, les tournées, évolution des attentes du public etc.)
  • l'histoire de l'image (informer, communiquer, affirmer une identité, attirer, susciter l'intérêt, dessiner l'évolution de la communication artistique...)
  • l'histoire de la mise en scène (la figure du metteur en scène, les pièces et les auteurs les plus fréquemment montés, les metteurs en scène souvent sollicités ou invités...)
  • l'histoire des politiques culturelles (de la compagnie des Jeunes Comédiens au TNB en passant par la CDO, la Maison de la Culture, le rapport avec les institutions,  les créations, les co-productions....)
  • le bâtiment (la construction, les différentes phases de travaux....)

 Ce qui peut donner les entrées suivantes :

             → la mise en scène d'un spectacle du début à la fin

            → l'histoire d'un texte (mis en scène par différents metteurs en scène)

            → la réception d'un spectacle et la rencontre d'un large public avec le monde du spectacle (grâce aux coupures de presse, aux courriers des spectateurs)

            → l'organisation d'une tournée (espace géographique, une journée type etc.)

            → la communication autour d'un spectacle       

            → l'évolution de la mise en scène (le parcours d'un metteur en scène, son histoire; la mise en scène des classiques etc.)

            → l'évolution du répertoire : de pièces « sûres » - comiques et classiques – à des pièces plus originales et en écho à la société contemporaine[8]

            → les politiques culturelles régionales et la décentralisation : issu de ce mouvement de décentralisation, le CDO reprenait très clairement la volonté de l'époque de combler le fossé culturel entre Paris et la province. Puisqu'il couvre un longue période, et, notamment, la création des Maisons de la Culture[9] initiées par André Malraux, ce fonds permet de repérer les différentes étapes du développement culturel de l'Ouest de la France

            → les saisons (programmes officiels, affiches et documents pédagogiques, spectacles locaux, spectacles invités)

 


[1]              A la fin de la seconde guerre mondiale, cette troupe est devenue une grosse structure subventionnée par le Ministère de l'Education Nationale.

[2]              C'est un centre dramatique national.

[3]              En 1974, le CDO devient le Théâtre du Bout du Monde (TBM)

[4]              RIBET Nathalie, Aux origines du Théâtre National de Bretagne : la décentralisation théâtrale dans l’Ouest, 1940-1963, du Centre Dramatique de l’Ouest à la Maison de la Culture de Rennes, Paris, L’Harmattan, 2000, p.9.

[5]              Pour le fonds du CDO, 1987 est la date du premier dépôt, le second dépôt date de novembre 1990 et le 3ème de juin, juillet 1991. En 2003 un nouveau dépôt est venu compléter le fonds. Ce fonds couvre envion 20 m linéaires.

[6]              Le  fonds 150 J est consacré à deux dépôts : un premier provenant de l’appartement de Guy Parigot et un second provenant de son bureau au  Théâtre de la Parcheminerie. Il représente 9,5 m linéaires.

[7]              Marie Biotteau, stagiaire   aux  Archives  départementales   d’Ille-et-Vilaine (ADIV), qui a rédigé le répertoire du 150 J, répertoire revu par Benoît Berthelot, attaché de conservation du patrimoine, sous la direction de Michel Maréchal, directeur des ADIV.

[8]              D'un rôle d'éducateur en recherche d'un vaste public, la CDO a peu à peu joué le rôle de « défricheur » en s'enhardissant dans ses créations et en se tournant vers la société contemporaine.

[9]              Les Maisons de la Culture offraient un cadre nouveau aux activités des centres dramatiques pour apporter au public une ouverture vers d'autres formes d'art (musique, cinéma, ballet, expositions...)

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